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 Seyesh e Seyïh

Chant d'Amour - Song of Love

 

   

 

 


Classical fractal named "Dragoon" with flowers and stars

Bonjour Hervé,

J'ai pu écouter votre CD dans les conditions requises de tranquillité. En quelques phrases, voici ce à quoi j'ai pensé en vous écoutant. C'est un exercice, je vous l'avoue, que je n'aime guère, tant son auteur court le double risque, même inconscient, de la paraphrase flatteuse et d'une dévalorisation qui ne prend évidemment pas en compte la somme de travail nécessitée par la création. Dans le premier cas, le musicien ne pourra qu'acquiescer aux compliments, dans l'autre, il sera tenté, une fois la déconvenue passée, de conclure que le critique n'a décidément rien compris à son œuvre. Personnellement, je ne me sens guère digne de critiquer. Mais c'est la loi du genre, n'est ce pas.

Votre œuvre est déroutante à plus d'un titre; c'est certainement l'une des raisons pour lesquelles elle est attachante.  Déroutante parce que je ne connais personne qui écrit de la musique comme cela; on cherche instinctivement à quelle école musicale rattacher ceci ou cela. Dans votre cas, je ne sais pas, vous me paraissez innover dans une totale liberté. Innover dans la construction de la ligne mélodique, dans la construction de l'harmonie, qui n'est ni classique, ni vraiment moderne. La ligne mélodique s'ébauche, s'interrompt longuement, reprend un peu plus tard comme si  rien ne s'était passé, comme si elle pouvait reprendre sans fin les mêmes notes, comme si elle avait l'éternité devant elle. Et c'est bien un sentiment de paix et d'éternité qui nait progressivement. On début, on a tendance à se dire : "mon Dieu, c'est un peu décousu", et en fait pas du tout. Il faut simplement un espace, comme dans la perception du temps par les orientaux, pour comprendre. C'est donc une musique précieuse et tendre, qui sort du fond de l'humanité. C'est un chant ni triste ni vraiment joyeux, mais délicat et qui fait passer agréablement, presque de façon envoutante, chez l'auditeur une notion de temps calme et infini. C'est ce genre de sentiment que l'on puisse espérer faire transmettre à la musique (les messages intellectuels ne passent absolument pas), alors, c'est réussi.

Déroutante ensuite par le choix très précis de vos instruments. Pas de masse orchestrale classique ou moderne, mais ici, une voix étrange sortie de nulle part, là, quelques notes égrenées sur un xylophone, là encore, une flute à bec ou un hautbois, là...

Voilà, Hervé, ce que j'ai eu envie de vous dire tout de suite après vous avoir écouté. (...)

Jean-Pierre Nouvel

 

 


 

 

 

Bonjour Hervé!
Musique bien agréable que l'on aimerait écouter également avec un grand  ensemble fait d'os et de chair


Mariannick from Toulouse

Cit . « vous me paraissez innover dans une totale liberté » ( JP Nouvel )
cette remarque du compositeur Jean-Pierre Nouvel trouvée dans le livre d’or de Hervé Noury, nous donne peut-être une des clés de lecture de ce Chant d’amour.

Une autre remarque intéressante de François51 (ici même ) sur le rapport qu’entretient le chant Seyesh e Seyïh avec le temps me paraît très juste
Cit. François 51 « Ici, il y a un vrai travail sur le temps, la dilatation du temps particulièrement »

j'ai écouté ce chant, et voici ce qu'il m'évoque "Seyesh e Seyïh"

A la première écoute, on reste totalement décontenancé. Et c’est l’étrangeté de ce qu’on entend qui nous conduit à une seconde écoute…Quelle est la logique de ce discours ? Que raconte ce chant d’amour ? Un poème (électro-) symphonique sous entend un certain style, une intrique…Ici l’auditeur est désorienté dès les premières mesures. Silences brusques, ruptures des lignes mélodiques, harmonies parfois inattendues, on dirait des pages musicales d’un grimoire tournées à la hâte et au hasard…Le but ? surprendre, immerger, magnétiser. Et pourtant :
- le matériau musical reste relativement simple : un orchestre, des chœurs, deux voix solistes principales, une voix de femme, une voix d’homme , ne ménageant pas leurs efforts pour nous surprendre.
Cette musique semble :
- sortir du cadre habituel et défier le tranquille déroulement du temps
- procéder par juxtapositions sonores ,

Les sources musicales viennent de partout et sans logique apparente, malgré quelques reprises de motifs, et donnent l’impression d’un subtil « désordre organisé »

Ecoutons : deux voix humaines principales se cherchent et appellent dans l’ombre , un chœur intervient, mystérieux, et les soutient …
« je parle d’amour, je te parle de joie » …d’où viennent ces voix solistes ? ( On pense à l’exclamation d’une Mélisande, venue elle aussi de nulle part )
Ici, de quoi s’agit-il ?Très certainement d’une rencontre, voire d’un commencement d’un monde ?
il est question de « réciter » (récitatif ) plus que de chanter ou de vocaliser, la mélodie est parfois abrupte, sans complaisance… Cette musique ne cherche pas à plaire, et les voix ne sont pas chargées de charmer, ce sont des éléments musicaux naturels « captés » à un moment t , d’un commencement.

Eclaté en multiples parcelles, le chant «Seyesh e Seyïh » semble faire fi de toute logique de toute structure , connues, recourant à des éléments du système tonal, il réussit tout de même à déstabiliser l’auditeur…Certes, on ne peut parler de « joliesse » de cette musique mais il en ressort quelque chose de profondément humain, et on n’en ressort pas indifférent.

Quelle était la mission de ce chant mystérieux ? peut-être signifier musicalement le « chaos » avant que toute parole d’amour ne soit « dite ».

Mazurka

avis paru sur le forum "Musique et Harmonie"

 

 


 



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